image (9)Cet article s'adresse à toutes les femmes sans exceptions (les hommes vous avez le droit de lire mais il s'agit encore un problème auquel vous ne serez jamais directement confronté)!

Aujourd'hui j'ai décidé de vous parler du dépistage du cancer du col de l'utérus en vous faisant partager mon expérience.

Pourquoi aujourd'hui? 

J'aurai pu vous rédiger un énième article de Saint Valentin mais non... premièrement parce que je ne fais rien de spécial pour cette fête et deuxièmement parce qu'il y a un an jour pour jour j'étais dans un lit d'hôpital avec une profonde inquiétude.

Le but de cet article n'est pas spécialement de raconter ma vie, mais plutôt de vous inciter à vous faire dépister et peut-être apporter des réponses à des personnes qui vivront un jour ce que j'ai vécu et qui, comme moi à l'époque, chercheraient des témoignages sur Internet.

Tout à commencé en décembre en 2012. Après 2 ans sans avoir fait de frottis car je ne trouvai pas de gynécologue acceptant de nouveaux patients, je me suis donc décidée à aller en faire un chez un médecin généraliste. 

Le labo n'envoyant plus les résultats d'analyses aux patients, le temps et les fêtes sont passées et je ne pensai même plus à cet examen de routine que j'ai l'habitude de nombreuses années. 

Mi-janvier, mon téléphone sonne, je suis occupée, je ne décroche pas. Quelques heures plus tard, j'écoute le message sur mon téléphone et là, catastrophe, c'est le médecin qui me laisse un message plutôt affolé (bonjour la psychologie) en me disant qu'il y a un problème avec mes analyses et que je dois me rendre à son cabinet le plus rapidement possible. Je m'y rend l'après-midi même, le médecin me prend entre deux rendez-vous et m'explique qu'il y a un problème, mais qu'il n'y connait pas grand chose et m'oriente vers une gynécologue de Chambéry.

Dans la foulée je me rend à son cabinet (à ce moment là, je suis toujours dans l'angoisse puisque je n'ai aucune explication à ce qui m'arrive). Au secrétariat je commence à expliquer ce qu'il se passe, mais la secrétaire me dit de suite qu'il y a plusieurs mois d'attente pour avoir un rendez-vous. Je lui donne le résultat de mes analyses ainsi que la lettre que m'a fait le médecin et là, je vois son visage se transformer et me dire "vennez demain à midi"... Immédiatement, je n'ai plus de doute, c'est grave... passer de plusieurs mois d'attente à moins de 24 heures... ça n'est pas normal! Forcément, je me risque à la question "est-ce que je vais mourir rapidement" et plutôt que de me rassurer (encore une fine psychologue) elle me répond que le médecin m'expliquera tout demain et ajoute "surtout, n'allez pas voir sur Internet" (tiens c'est con j'y avais pas pensé mais maintenant que t'en parle...)

De retour à la maison, évidemment que j'ai regardé sur Internet (tu penses!) Et franchement j'ai bien fait! Face au mutisme du personnel médical rencontré jusque là j'ai pu trouver quelques explications à mon problème. D'ailleurs je n'en ai pas parlé jusque là, mais mes analyses présentaient des lésions du col de l'utérus de haut grade. J'ai donc fouillé tous les forums du net et j'ai trouvé beaucoup de personnes concernées par le problème. Malheureusement j'y ai surtout trouvé beaucoup de questions, mais peu de réponses.

Après une nuit blanche, mon rendez-vous est enfin arrivé. La gynéco n'est pas très causante et m'annonce qu'elle va me faire une biopsie mais que de toute façon une chirurgie est inévitable.

Concernant la biopsie, elle m'explique simplement qu'elle va réaliser un prélèvement sur mon col et que ça ne fera pas mal puisque cet organe est dénué de terminaisons nerveuses. Elle a juste oublié de me dire que ça allait me déclencher des contractions (oui, je fais donc partie des femmes qui savent ce qu'est une contraction sans avoir eu d'enfants! Youpi!)

Voyant le rendez-vous toucher à sa fin et n'ayant toujours pas (ou peu) d'explications à ce qui est en train de se passer, je me risque à THE question. Je lui demande "mais, je n'ai pas un cancer quand même?". La question que tu poses juste pour te rassurer en te disant que de toute façon elle te répondra que non et qu'il ne faut pas s'inquiéter. Sauf que non, elle me répond "ça n'est pas exclu"... Bon, ok... Elle me fait un courrier et m'oriente vers un chirurgien de la clinique de Chambéry.

Quelques jours après le rendez-vous est pris. Et là, je tombe ENFIN sur une personne compréhensive qui a su me rassurer et répondre à toutes mes questions.

Je vais donc essayer de vous l'expliquer sans rentrer trop dans les détails : Je suis porteuse depuis de nombreuses années de papillomavirus (virus HPV). C'est un virus dont 80% des femmes sont atteintes puisqu'il s'agit d'une maladie sexuellement transmisible dont les préservatifs ne protègent pas. Il existe une centaine de formes de ce virus dont 4 (seulement) sont particulièrement dangereux. Ces 4 formes du virus sont responsables de 70% des Cancer du col de l'utérus. Seul le frotti peux déceler leur présence. Manque de bol, le problème qui a été décelé lors de mon frotti est que j'étais porteuse d'une de ces 4 forme et qu'il avait déjà commencé à provoquer des lésions au niveau de mon col. Restait à déterminer si le cancer était déjà en route ou non et là, seul la chirurgie pouvait nous donner la réponse.

3 semaines plus tard, le 14 février, j'étais donc hospitalisée pour subir une conisation du col de l'utérus. En gros, on m'a retiré au laser la partie du col "malade", tout d'abord pour analyses, mais également pour que les lésions cessent d'évoluer. L'intervention est très lègère, bien que sous anesthésie générale. Elle s'effectue en ambulatoire (rentrée le matin, sortie le soir). J'ai vu sur certains forums que des femmes ont eu plus ou moins de problèmes suite à la même intervention. Pour ma part, je n'ai eu aucunes douleurs, très peu de saignements et une cicatrisation qui s'est déroulée à merveille.

Enfin, il a fallu attendre un mois avant d'avoir les résultats définitifs de l'analyse de la partie retirée. Et là, enfin le soulagement puisque grace à des dépistages régulier, les lésions n'ont pas eu le temps de dégénérer en cancer (il faut 5 à 10 ans pour qu'il se déclare). Mon frotti 6 mois plus tard est parfait et je suis donc sortie d'affaire pour le moment. Je dis "pour le moment" parce que je dois désormais me faire dépister tous les ans à vie puisque le virus HPV ne se soigne pas et j'en serai toujours affectée. Etant jeune (29 ans) et n'ayant jamais eu d'enfants, le chirurgien m'a retiré la plus petite partie possible du col (puisque plus on en retire, plus les possibilités de grossesse seront compliquées) et les récidives sont fréquentes dans ce genre de cas.

Je m'excuse d'avoir été aussi longue mais j'avais envie de vous faire partager mon expérience et résumer n'est pas évident.

J'ai juste envie de conclure en vous incitant à ne pas faire trainer vos frottis de dépistage. J'entends trop de femmes dire "j'irai voir un gynéco quand je serai enceinte" ou "je n'aime pas me montrer nue devant un/une inconnu(e)" ou encore "ça ne sert à rien, je n'ai pas l'âge d'avoir un cancer"! En effet, ça n'est pas drôle d'aller chez le gynéco, mais c'est VITAL! Il n'y a pas d'âge pour avoir un cancer! Nous avons la chance d'avoir les moyens d'éviter un cancer, alors saisissons là et ne remettons pas au lendemain ce qui peut être fait tout de suite! Parce que demain sera peut-être trop tard! 

J'espère qu'à la lecture de cet article, certaines d'entre vous décrocheront leur téléphone et iront se faire dépister, pour moi ça sera une victoire! Et si comme moi vous ne trouvez pas de gynéco dans votre région, pensez que n'importe quel généraliste peux réaliser un frottis de dépistage.

Et pour les personnes qui tomberaient sur cet article car elles sont en train de vivre la même chose que moi, n'hésitez pas à me poser vos questions, je ne suis pas médecin mais je peux tenter de répondre à certaines de vos interrogations. 

Joyeuse Saint Valentin à toutes!