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Ou comment j’aurai dû naître dans un autre pays

Vous ne le savez peut-être pas mais je suis une grande rebelle de la société. J’ai très mal vécu mes années de scolarité mais aujourd’hui, avec le recul je réalise que le problème ne venait pas de moi, mais bien du système Français.

J’ai décidé de partager avec vous mon expérience, mon point de vue au travers de comparaison avec ce qui existe dans d’autres pays du monde (Canada/USA, Allemagne, Suède).

Tout d’abord je pense qu’en France, l’école n’a pour vocation que de former des « fonctionnaires » c’est un peu imagé mais c’est mon point de vu général. On ne laisse pas de place à l’épanouissement personnel, le but étant de nous faire entrer dans un moule. Et bien malheureux celui qui n’est pas en capacité d’y entrer puisque son parcours sera inévitablement semé d’embûche, de barrières administratives et de rabaissements en tous genres.

AMPLITUDE HORAIRE DES COURS

 

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En France, nos journées sont chargées… très chargées… trop chargées… Ce n’est pas tant le nombre d’heures de cours qui posent problème, c’est plutôt le temps passé à l’école. Les cours commencent en général à 8h pour se terminer à 17/18 heures. Certes, les journées sont souvent entrecoupées d’heures sans cours mais ces « pauses » forcées sont quand même une sacrée perte de temps. Naturellement, le « système » nous répondra que ces heures sont mises à profit pour étudier (encore !) mais dans la réalité ce sont des heures perdues, à ne rien faire, ou au mieux à dépenser nos petits revenus de lycéens/étudiants au café du coin. Evidemment, une telle amplitude, 5 ou 6 jours sur 7 ne laisse pas la place à l’épanouissement et au développement d’activités extra-scolaires.

Aux Etats-Unis et au Canada, les cours commencent un peu plus tôt, à 7h. Ils se terminent à 14 heures pour laisser place à des activités l’après-midi, choisies par les élèves.

Les petits Allemands commencent leur journée comme nous, à 8h mais la termine vers 14h pour également participer à de nombreuses activités l’après-midi.

En Suède, l’école commence entre 8h30 et 9h pour se terminer vers 14/15 heures. Une fois de plus, l’emploi du temps permet aux élèves de pratiquer une activité régulière.

On constate donc un net décalage entre notre amplitude horaire et celle des autres pays présentés. Le problème a souvent été soulevé mais jamais résolu. En France, on aime multiplier les matières (parfois inutiles) et « enfermer » les élèves dans un rythme scolaire qui ne permet pas de développer une activité annexe. On nous formate, on nous surcharge de travail et finalement, on nous fabrique à l’image de ce que le système a décidé de faire de nous.

Comment je l’ai vécu : Assez mal je dois dire, l’impression d’avoir fait la même chose pendant des années. Les souvenirs de jours d’hiver, où j’arrivais à l’école lorsqu’il faisait encore nuit et où je la quittais encore de nuit. De longues heures à m’ennuyer. La fatigue d’avoir passé 9 heures entre ces 4 murs, puis les devoirs à la va-vite pour avoir enfin le temps de faire autre chose ! En 2000 j’ai été aux Etats-Unis et j’avais passé une journée dans une école. J’avais été vraiment surprise et enchantée par le rythme de leur cours à eux. Mais également par le plaisir de l’école que vivent les élèves et les profs. J’aurai aimé un rythme plus allégé, j’aurai pu faire autre chose et découvrir d’autres horizons. C’est donc pour moi l’un des plus gros point noir de notre système Français.

LE TEMPS DE PAUSE DU MIDI

 

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En France on nous colle 2 heures de pause entre midi et deux (ce qui malheureusement reste dans les mœurs une fois dans le monde professionnel). On aime bien prendre son temps de manger et poireauter jusqu’à la reprise des cours. Oui sauf que, personne n’a envie de passer 3 plombes à la cantine pour manger les immondices qui y sont proposées. En plus, tout le monde préfèrerai certainement terminer la journée plus tôt que de s’ennuyer pendant des heures dans la cours de l’école (encore du temps perdu pour rien), oui mais voilà, en France on a du mal à toucher aux traditions. J’imagine que ce temps a été choisi à l’époque où les plats préparés, les sandwichs et les snacks n’existaient pas. Mais aujourd’hui l’époque a évolué et ce temps de midi devrait être révolu…

Aux USA/Canada, on ne mange pas vraiment le midi, on grignote sur ½ heure. Vous allez me dire, pas étonnant qu’ils soient tous obèses, j’ai envie de dire oui et non puisqu’ils font ensuite du sport tout l’après-midi. Ils prennent un peu moins d’une heure pour manger, mais en même temps, c’est largement assez pour manger un repas équilibré (prenons-en de la graine).

En Allemagne, Europe oblige, on fait des vrais repas, mais toujours sur un créneau d’environ une heure (vous voyez que c’est possible !)

En Suède, les cours finissant un peu plus tard, on s’accorde une heure (encore !) pour manger à l’école.

Une fois de plus, notre pays fait exception et non contents d’être les champions du monde de l’école qui se termine le plus tard, on se dit « tiens, si on passait encore 2 heures le midi à rien foutre ». Temps qui forcément ne permet pas de faire autre chose…

Comment je l’ai vécu : D’un ennui profond. Que d’heures passées dans la cours du collège à attendre désespérément la reprise des cours. Au lycée ça allait un peu mieux puisque j’habitais juste à côté et je rentrais chez moi. C’est sur on se sent mieux chez soi, mais ça ne change rien au fait que la journée n’est pas finie et qu’aucune activité, à part l’attente (et la télé) n’est possible.

LES ACTIVITES PERI OU EXTRA – SCOLAIRES

 

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Pour la France, on en a déjà parlé, il n’est pas vraiment possible de s’investir dans une réelle activité autre que l’école. Au mieux, on fait un sport, de la musique, ou tout autre activité une ou deux heures par semaine, le mercredi après-midi. Oui mais ne nous mentons pas, ces activités ont plus une vocation au mieux de « découverte », au pire « de foutage de paix aux parents ». Parce que ce n’est pas en pratiquant quelque chose une ou deux heures par semaine que l’on va pouvoir en faire son métier ou atteindre un haut niveau (vous en connaissez beaucoup vous des gens qui ont fait de leur activité du mercredi aprèm leur métier ?) C’est dommage puisque ces activités sont les seules que les élèves peuvent vraiment choisir. Personne ne s’est dit qu’on avait plus de chance de devenir très bon dans une activité choisie plutôt que dans une activité imposée ? Ca s’appelle de développement personnel en fait… Ce qui revient à me faire penser à ce moule dans lequel on a décidé de nous faire rentrer… le reste c’est trop nul !

En Amérique on a choisi de laisser les jeunes choisir et avoir le temps de pratiquer une activité. Tous les jours, l’activité choisie est pratiquée de 15h à 17/18h. Le choix est large : sport, musique, théâtre, chorale, clubs… Et même si le sport reste le choix principal, les autres ne sont pas délaissées. Pour avoir assisté là-bas, à des cours de théâtre et de soccer, je peux affirmer que ça n’a rien à voir avec chez nous. Les cours sont de qualité, limite du niveau pro (oui, pas comme à la MJC du coin). D’ailleurs, le système Américain les encourage puisque bon nombre de petits élèves accèdent à l’université grâce à une bourse d’études obtenue par leurs excellents résultats dans l’activité choisie. Habituellement, les élèves changent d’activité à chaque trimestre. Ce qui leur permet d’en essayer plusieurs et de ne pas « s’enfermer » dans un seul domaine. Je précise que toutes ces activités sont encadrées dans le milieu scolaire. En France, en général quand tu choisis un truc t’as intérêt à pas te gourer, parce que sinon bonjour le combat pour changer (je parle à l’école) et tu passes vite pour quelqu’un d’instable…

En Allemagne c’est un peu pareil, de 15h à 18h. Pas de changement chaque trimestre mais les activités sont variées et il est possible d’en pratiquer plusieurs.

En Suède, on mange très tôt, vers 16h ou 17h (selon la saison) et les activités se pratiquent après le dîner (mais en dehors du cadre scolaire).

Cette fois encore, nous constatons le peu d’ouverture d’esprit de notre système. Pendant que les autres découvrent un tas d’activités, nous on est encore et encore sur une chaise dans une salle de cours. Laisser les jeunes se « chercher », découvrir, choisir, souffler… ne serait-il pas plus épanouissant ?

Comment je l’ai vécu ? : Je n’ai jamais aimé les activités extra-scolaires (de quoi je me plaint alors ?). Mais ce sentiment vient certainement du fait que justement, faire les choses juste pour dire de les faire, à la va vite, sans but ne m’intéresse pas. Si j’avais vécu dans un autre pays j’aurai fait du théâtre. J’en ai d’ailleurs fait un peu (le mercredi après-midi forcément) mais je n’ai jamais été satisfaite par la qualité des cours. Il faut quand même reconnaître que les activités proposées (surtout dans nos campagnes) sont plutôt médiocres. Les clubs n’ont pas de moyens, les « profs » sont des bénévoles, et le peu de temps disponible oblige forcément les clubs à recevoir tout le monde en même temps. Mes souvenirs de cours de théâtre sont d’une anarchie totale. Des écoliers de 5 ans jusqu’à 18 ans, plus de 30 par groupe… qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? Le plus dommage, c’est que avec plus de « professionnalisme » j’aurais persisté dans ce domaine et pourquoi pas, peut-être eu d’autres objectifs de carrière.

LES TEMPS DE COURS

 

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Pour une fois je ne vais pas (trop) critiquer. Une heure environ semble le bon format, assez pour bien travailler mais pas trop pour ne pas saturer. Malheureusement c’est les pauses (et les matières qui servent à rien) qui imposent notre grande amplitude horaire. Récré du matin, 2 heures à midi, récré de l’aprèm et surtout trous en plein milieu de la journée…

En Amérique les étudiants ont chaque jour 7 cours de 50 minutes (pas beaucoup moins que nous finalement) concentrés sur la matinée, mais n’ont pas d’autre pause que la demi-heure du midi. Ca peut paraître chargé, mais pour ce que j’en ai vu, le rythme en cours est beaucoup moins oppressant, plus « cool » et le besoin d’une pause ne se fait pas ressentir.

Les petits Allemands ont 6 cours de 45 minutes et font 4 pauses (deux de 15 minutes et deux de 20 minutes). Ils travaillent donc un peu moins que nous mais à en juger par « l’état » économique de leur pays, ils ne sont pas plus bêtes pour autant… à méditer…

En Suède, le système a choisi d’imposer 4 à 6 cours de 40 minutes. Cela peut sembler court mais il semble que ça soit la durée idéale afin de rester concentré jusqu’au bout. Chaque cours est entrecoupé d’une pause 10 minutes (pour décompresser). Cependant, ils n’ont que 10 minutes pour manger le midi (un peu court quand même).

Il est donc possible en France d’étudier quasiment le même nombre d’heures mais d’alléger les journées. Tout est une question d’organisation.

Comment je l’ai vécu ? : Finalement, ce n’est pas tant la durée des cours qui m’a posé problème, une heure ça passe vite. Quoi que 50 minutes permettraient de gagner une heure par jour. De toute façon, les 10 dernières minutes on ne fait jamais rien…

PROGRAMME DES COURS

 

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En France, toutes les matières sont obligatoires. Les options sont même anecdotiques. Forcément avec autant de matières différentes, on n’a pas le temps d’en choisir d’autres. Oui, sauf que ça ne sert à rien. Une fois de plus, on nous oblige à apprendre des choses pour lesquelles nous n’avons aucun intérêt. Ou à l’inverse, pour lesquelles nous avons un niveau trop élevé pour ne pas perdre notre temps. Trop de matières inutiles qui nous ferment des portes d’études supérieures injustement… Cette fois encore, on a décidé pour nous, et inutile de se rebeller, c’est encore sur nous que ça va retomber !

En Amérique, seuls l’Anglais et l’Histoire sont obligatoire. Toutes les autres matières sont en option (avec possibilité de changement tous les semestres). Evidemment il est obligatoire d’en prendre mais le choix est libre. Chacun pioche dans les matières disponibles et se fabrique son emploi du temps personnalisé en fonction de ses goûts et capacités. Lors de leurs 3 dernières années d’études, certainement matières deviennent obligatoires en fonction du diplôme choisi. Sauf qu’avant ça, ils ont la chance de pouvoir toucher un peu à tout, puisqu’en France on n’a pas compris qu’à 14 ans, on ne sait pas ce qu’on va avoir envie de faire de sa vie et c’est normal ! (mais bon, nous, on nous forme tous à devenir fonctionnaires je crois…)

En Allemagne, le programme ressemble beaucoup plus au notre. Mais les options sont beaucoup valorisées que chez nous.

En Suède, c’est encore plus proche de notre système puisque les élèves n’ont pas le choix des matières et choisissent juste leur section.

Je vote dans cette catégorie pour le système Américain. Quel bonheur de pouvoir choisir la totalité de son parcours scolaire. De ne pas s’ennuyer dans des cours qui ne nous intéressent pas. Quel bonheur d’avoir le choix (de sa scolarité, de sa vie)… Et ça explique certainement le peu de réticence qu’ont les enfants Américains pour aller à l’école.

Comment je l’ai vécu ? : Super mal, je pourrai écrire un roman sur l’incohérence de toutes ces matières qui nous font perdre un temps précieux. Mon rêve aurait été de devenir programmeur informatique. Oui, sauf que en France, pour faire ça, il FAUT passer par une filière scientifique. J’étais nulle en maths… et alors ? Je ne suis pas bête, je pouvais apprendre, mais non, pas pour moi… on avait décidé de faire de moi une littéraire. Je me souviens encore d’une rencontre parents-profs où mon prof de Français disait à mon père « on a besoin de bibliothécaires et de profs de français »… vachement vendeur ! Sauf que moi je voulais faire de l’informatique, alors il m’a resté la filière STT (vous savez, celle où on mettait tous les nuls). Sauf que moi je n’avais rien envie de tout ça, j’avais envie de faire de l’informatique, de l’anglais, de l’éco-droit, du dessin, de la gestion… bref, un truc qui n’existe pas… je me suis donc retrouvée « coincée » dans une section qui ne me convenait pas (les autres ne m’auraient pas convenu non plus). L’exemple d’incohérence totale dans mon parcours scolaire a été justement ma première année en STT. J’avais super hâte d’être en cours d’informatique. J’ai vite déchanté quand au premier cours j’ai compris que les 6 premiers mois de l’année allaient être consacrés à… apprendre à taper au clavier… Je comprends bien que tout le monde n’a pas le même niveau et que si moi j’étais née avec un clavier entre les doigts, d’autres n’en avaient jamais vu de leur vie. Sauf que si j’avais pu choisir mes matières, j’aurai fait autre chose pendant ce temps-là. Je trouve inadmissible d’avoir passé tant d’heures à ne rien faire, ne rien apprendre, mais ça, je pense que dans l’éducation nationale personne ne voudra l’entendre… Faudrait pas trop changer leurs petites habitudes…

Voilà un peu les grandes lignes de notre système scolaire national et de ceux d’autres grands pays. Je vous laisse juger par vous-même, le mien ayant été exprimé dans toutes les lignes précédentes. Je ne juge pas, je ne fais que constater et parler de mon expérience. Je sais que les changement en France sont toujours compliqués et que les syndicats et personnels scolaires sont souvent frileux à l’idée de modifier leurs petites habitudes. Mais je constate de plus en plus dans les médias, le ras le bol des parents, des élèves et par conséquent des profs (forcément, c’est eux qui ramassent) face à un système scolaire trop compliqué, trop contraignant, trop peu motivant et c’est peut-être le signe d’un grand besoin de changement. Certes le gouvernement a eu de l’idée avec la réforme des rythmes scolaires mais comme d’habitude, ça a été traité à la va vite, par des personnes qui ne comprennent rien aux vrais problèmes et ça a donné un grand n’importe quoi. Et malheureusement ils ne sont pas aidés par le corps enseignant, qui a sans cesse peur de devoir travailler plus et les syndicats qui refusent tout par principe… Je ne tape sur les doigts de personne, je donne juste mon avis, mais j’espère qu’un jour tout cela changera, pas pour moi puisque c’est trop tard, mais pour mon pays.